12.03.2009
Bourrasque en sous sol
Une violente bourrasque l’avait mené là, dans ce tunnel creusé dans la roche et qui semblait sans fin, lui, l’homme pourtant solide et résistant aux épreuves du temps. Il n’avait pas la constitution d’un lutteur encore moins celle d’un haltérophile ou d’un sumo mais il avait en son fort intérieur une force qui d’habitude le protégeait des aléas climatiques ; la preuve ! il s’était réfugié dans un tunnel. Si ce n’était pas un signe de vigilance extrême et de protection liée à une conscience aiguisée de la présence d’un environnement hostile, qu’est-ce que c’était !?
Il avançait, là, pas à pas, dans ce long corridor souterrain où même le bruit de ses pas ne résonnait même plus à ses oreilles. Aucun bruit extérieur ne lui parvenait, plus rien ne semblait le frôler, encore moins l’atteindre. Une certaine insensibilité l’enveloppait depuis qu’il avait commencé sa lente progression dans cet environnement sombre et silencieux.
Une question lui venait pourtant à l’esprit au fur et à mesure de sa marche forcée, sa marche mécanique, l’homme est bien fait pour marcher n’est-ce pas. Quand verrait-il le bout du tunnel ? On ne vit pas caché au fond d’un tunnel. C’est utile, c’est même très pratique pour se protéger des intempéries, mais après, une fois la tempête calmée, une fois le vent apaisé, une fois les arbres définitivement déracinés, et les constructions envolées, que fait-on ? On ne peut tout de même pas construire une vie au fond d’un tunnel !! Il faut bien finir par en sortir, par trouver une issue. Mais à force de parcourir ainsi depuis de nombreuses heures ce tunnel qui semblait sans fin, le doute faisait son chemin dans son esprit en même temps que ces pas faisaient leur chemin sur un sol exempt de toute rugosité, un sol pareil à une longue piste de danse qui aurait été préalablement cirée, lustrée.
Une pente se dessinait petit à petit sous ses pas. Il ne la voyait pas bien sûr, mais son corps le lui indiquait, le mouvement répété de ses jambes, et de ses pieds posés sur le sol l’avertissait d’une descente brutale à venir. Quelque chose en lui le sentait, tout le lui exprimait clairement. Mais comment savoir, comment en être certain lorsque l’on avance à l’aveuglette. Mais oui, il y avait bien une pente qui se précisait à chaque instant, mais pour le mener où et dans quel état ? ça il l’ignorait encore, mais n’allait très certainement pas tarder à le savoir.
Même dans un sous-sol il n’y a pas d’abri ?
06:51 Ecrit par Claire Ogie dans En vrac | Lien permanent | Envoyer cette note
07.03.2009
Une femme
Elle est vampire, elle est dragonne. A la fois douce, charmante, et imbuvable.
05:14 Ecrit par Claire Ogie dans En vrac | Lien permanent | Envoyer cette note
Sainte
Sainte, définition : femme idéalisée par des hommes.
05:13 Ecrit par Claire Ogie dans Le dico des lucioles | Lien permanent | Envoyer cette note
06.03.2009
A coeurs et à cris
Lui, il crie qu’il est incompris, que ses proches sont sourds à ses problèmes, que les femmes ne sont que des menteuses, que l’on ne peut pas aimer sincèrement car trop influencé par la beauté physique d’une personne, que seuls les saints sont capables d’aller au-delà du physique ingrat de quelqu’un, que croire en l’au-delà est une chose et prétendre voir dans l’au-delà une autre impossible.
Il hurle que l’on ne peut pas aimer le peuple si l’on ne se mélange pas à lui, si l’on n’échange pas avec lui.
Il clame sa détresse et son amour à une menteuse qu’il aime. Les femmes sont toutes des menteuses, ne jamais l’oublier.
Il tempête, il rage, fou de désespoir qu’il est devant ce qui l’effraie et l’attire en même temps.
Elle, elle n’est pas un ange, ni une sainte, encore moins un devin, juste un être humain qui tend une main à un autre être humain parce qu’elle n’arrive pas à faire autrement, parce que c’est plus fort qu’elle. Est-ce inhumain ? Elle ne peut qu’appeler cela de l’amour, quel autre nom pourrait-elle bien donner à cet état de fait ? tout la pousse vers cet homme si différent et si proche à la fois.
Elle se demande dans quoi elle s’engage, pourra-t-elle supporter tout ça, aura-t-elle assez de force pour aider celui qui refuse de croire en elle, ou qui fait celui qui refuse de croire en elle tellement cela lui semble irréel et impossible. Pourront-ils tenter l’expérience sachant que jamais rien n’est gagné d’avance ? Acceptera-t-il de donner cette chance ?
Toutes les excuses sont bonnes, il s’accroche à ce qu’il connaît - pendant qu'elle rêve d'une vie qu'elle ne connaît pas - et refuse d’expérimenter ce qu’il n'a vu que dans ses songes. Trop vieux. Pas de force pour tout recommencer. Il a sa vie. Sa vie. Sa VIE. SA VIE !!! Son vide de vie auquel il tient par-dessus tout, tout en rêvant, homme solitaire, de pouvoir un jour la changer et lui donner un autre sens.
Se mélanger avec le peuple et refuser de se mélanger avec une femme est-ce aimer le peuple, est-ce aimer l’humain ?
Elle s'interroge... elle l'interroge.
20:21 Ecrit par Claire Ogie dans A coeur | Lien permanent | Envoyer cette note
A contre courant
Certains êtres savent renaître de leurs cendres. D'autres se laissent éparpiller par le vent pour se perdre à tout jamais.
Les premiers sont considérés comme des êtres forts, des battants. Les seconds comme des faibles, des perdants.
Comment appelle-t-on un être qui cherche à redonner vie à un tas de cendre qui cherche par tous les moyens à créer la tempête qui pourra le disperser pour l'annihiler définitivement ?
Un contre courant.
15:47 Ecrit par Claire Ogie dans A coeur | Lien permanent | Envoyer cette note
01.03.2009
Destiné
Les planètes l'ont annoncé !
Alors c'est l'occasion de suivre leur indication.
Les planètes l'ont prédit !
Alors c'est le moment de ne surtout pas faire ainsi.
Destine-nous bien, en ton âme et conscience. C'est ma seule prédiction.
11:09 Ecrit par Claire Ogie dans A coeur | Lien permanent | Envoyer cette note
Destin
Que ce soit dans le marc de café, dans les cartes ou en pleine campagne, il y a un chemin à suivre, un tracé à déterminer, une vie à créer.
11:00 Ecrit par Claire Ogie dans En vrac | Lien permanent | Envoyer cette note
15.02.2009
Comment taire
Les arts martiaux du langage, ou comment déplacer des paroles déplacées (voir Haute tension et Arts martiaux).
14:19 Ecrit par Claire Ogie dans En vrac | Lien permanent | Envoyer cette note
Arts martiaux
Donne-moi ta hargne, ta rancoeur, ta haine, pour que je la transforme en boomerang avec toute la force, la puissance, de ton élan.
13:35 Ecrit par Claire Ogie dans En vrac | Lien permanent | Envoyer cette note
Candidat au suicide
Candidat au suicide, définition : Qui tend la perche pour se faire battre, pour se faire achever le plus rapidement possible.
Exemple : Untel est un grand homme qui nous montre l'autodestruction programmée de l'humanité toute entière et cela ne vous donne aucun droit de verser votre bave de crapaud sur ce Dieu vivant que j'idéalise.
13:27 Ecrit par Claire Ogie dans Le dico des lucioles | Lien permanent | Envoyer cette note
Dis-moi tout
La réponse n'est pas dans le groupe mais dans notre confrontation à nous même.
08:56 Ecrit par Claire Ogie dans En vrac | Lien permanent | Envoyer cette note
Un amour fou
Après une semaine des plus agitée, après des journées n'en finissant pas d'en finir, des nuits écourtées, des rêves illuminés, des rêves éveillés, des sommeils sans profondeur - trop fins, trop ténus pour y pénétrer - les profondeurs de son amour pour elle finissaient par l'envelopper tout entier, par le protéger.
Personne. Rien. Pas un mot. Pas une lettre. Pas un coup de téléphone. Rien. Le néant complet. Elle n'était pas venue au rendez-vous qu'il lui avait donné. Pierre l'avait attendu toute la journée. En vain. Lucille ne s'était pas déplacée. Pas de Lucille à l'horizon, si ce n'était l'horizon de ses pensées à lui, pensées ou Lucille prenait toute la place. Toute sa place.
Il l'avait attendu patiemment, avec une confiance nouvelle, une certitude qu'il n'avait jamais ressentie avec une telle force auparavant. Il l'avait attendu, repoussant d'heure en heure l'inéluctable constatation. Mais non, rien n'y faisait, elle restait toujours au fond de lui, quoiqu'il subisse d'elle, quoiqu'elle puisse lui dire ou ne pas lui dire, il restait là, pour elle, pour son amour pour elle. Elle, Lucille.
Il se demandait parfois jusqu'où cela pourrait le mener, jusqu'à quel degré de déception, de souffrance, accepterait-il de continuer ? Mais il avait déjà dépassé ce stade depuis longtemps. Il n'y a plus de degrés à monter ou à descendre lorsque l'on a atteint l'au-delà de l'amour.
A la nuit tombée, seul dans sa chambre, il avait bien essayé de laisser couler hors de lui cette tristesse qui cherchait à l'entourer, ce manque d'elle qui l'enserrait. Quelques sanglots, quelques larmes avaient coulés, mais pas les torrents auxquels il s'attendait, pas les convulsions qu'il avait connu par le passé. Sa douleur était autre. C'était une douleur confiante, une douleur sans en être une, une sensation rassurante, celle qui lui disait que Lucille l'aimait tout comme lui en était fou.
07:13 Ecrit par Claire Ogie dans A coeur | Lien permanent | Envoyer cette note



